Publié le 08/10/2026 17:51:16
« L’heure est grave. Demain, s’il ne pleut pas, nous n’aurons plus d’eau », affirme sans détour Fabrice Jacob, président d’Eau du Ponant. Un dur constat que partage Stéphane Roudaut, président de Brest métropole : « Nous n’avons plus que quelques semaines de stock. Brest métropole est aujourd’hui en souffrance. Si aucun effort n’est fait, nous n’aurons plus d’eau. »
Le barrage du Drennec n’est désormais rempli qu’au tiers de sa capacité. Et une partie de cette réserve doit être préservée pour le fonctionnement du milieu naturel.
C'est l'année la plus sèche de l'histoire du barrage
« C’est l’année la plus sèche de l’histoire du barrage. La pluviométrie de juin, juillet et août est 60% inférieure à la moyenne des 40 dernières années » , constate Dominique Cap, président du Syndicat de bassin de l’Elorn.
Malgré les restrictions et la sensibilisation, la consommation n’a pas baissé. Elle a même un peu augmenté. Sur le périmètre desservi par Eau du Ponant — Brest métropole, la CAPLD et une partie de Pays d’Iroise communauté — environ 45 000 m³ d’eau potable sont distribués chaque jour.
"Le niveau du lac est inférieur de six mètres à celui d’un barrage plein", rappelle Philippe Rybski, directeur du Syndicat de bassin de l’Élorn.
Les collectivités du Nord-Finistère lancent un appel commun : chaque goutte compte, on réduit de suite sa consommation.
Il faudrait des pluies importantes et durables pour amorcer le remplissage de la retenue, "au moins 200 mm en un mois", calcule le directeur du syndicat de bassin de l'Elorn.
"Il faudrait diminuer de moitié notre consommation"
Si on ne commande pas la pluie, chacun peut agir sur sa consommation d'eau. « À l’échelle du Finistère, la consommation moyenne est estimée à 112 litres par personne et par jour, souligne Axelle Lamour, vice-présidente de Brest métropole, en charge de l’eau et de l’assainissement. Il faudrait diminuer de moitié cette consommation. »
« Chez nous, c’est contre-nature, la pluviométrie est source de blagues. Mais il y a aujourd’hui une révolution à opérer, il faut décréter un changement radical de la culture de l’eau », renchérit Stéphane Roudaut.
Les équipes adaptent les productions et les transferts d’eau entre les ressources. Des simulations évaluent aussi les conséquences d’une aggravation de la sécheresse ou de l’indisponibilité de certaines unités de production. Elles permettent d’anticiper les difficultés possibles : ce sont des scénarios, pas l’annonce d’une rupture actuelle.
Côté opérations, « nous avons déjà engagé des actions et de gros investissements pour un réseau performant », rappelle Fabrice Jacob, président d’Eau du Ponant. La lutte contre les fuites a notamment permis d’économiser 250 000 m³ d’eau cette année grâce à leur prélocalisation acoustique. La nouvelle usine de Pont-ar-Bled intégrera par ailleurs le recyclage de ses eaux de procédé, tandis que des études et expérimentations explorent la réutilisation des eaux usées traitées.
Toutes les collectivités actionnaires d'Eau du Ponant investissent également dans leurs réseaux et étudient des solutions pour mieux mobiliser et combiner les ressources locales. Chaque goutte compte !